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Bouvet Guyane 2012 : J+23 L’importance des courants - Aviron / Foxoo
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Source : #6698 Publié le 22/02/12 | Vues : 119

Bouvet Guyane 2012 : J+23 L’importance des courants / Aviron


Une autre des particularités de cette troisième édition de la Bouvet Guyane est la capacité qu'ont maintenant les skippers, et surtout leurs routeurs, à suivre avec précision l'évolution des courants qui animent les zones de navigation empruntées par les participants à la course.







Rames Guyane 2006 avait pourtant déjà d'excellents routeurs mais, venant du monde de la voile où l'influence des courants est quasi inexistante sur les puissants engins que sont aujourd'hui les prototypes de course, les conseillés à terre n'avaient pas été suffisamment attentifs à ces fameux mouvements de surface au point d'avoir laissé le groupe de tête s'engluer pendant plusieurs jours dans une violente veine contraire orientée plein est.



Puis en 2009, instruits qu'ils étaient des méfaits de ce type de mouvements contraires sur de faibles bateaux à rame, les routeurs s'étaient efforcés de déjouer les pièges des fameux courants en consultant les cartes proposées par Mercator Ocean à un large public sous la forme de documents gratuits et forcément simplifiés. Cette année, l'association des skippers (ORA) a eu la bonne idée de passer un accord de partenariat avec la Société Mercator Ocean, accord qui prévoit la mise en place sur le site bouvet-guyane.com de ces merveilleuses cartes de courants qui offrent aux internautes attentifs le plaisir de suivre avec une grande précision le mouvement des courants généraux et d'en déduire les trajectoires idéales en fonction des options (nord ou sud) de chacun des rameurs.

L'observation attentive et quotidienne de ces cartes et malgré leur grande précision, il semble malgré tout très compliqué aux routeurs de parier en confiance sur une stratégie gagnante tant l'activité de ces courants de surface est intense et faite de boucles qui se forment, se transforment et se déplacent en s'intensifiant sans arrêt d'une façon anarchique... ou aléatoire aux yeux des non spécialistes que nous sommes pratiquement tous.

D'où l'intérêt que trouvent forcément ceux d'entre nous qui suivent avec passion le match que se livre depuis plusieurs jours des nordistes et des sudistes qui se volent chaque matin le titre de favoris suivant qu'ils se trouvent dans une veine favorable, très favorable.... ou moins défavorable que celle dans laquelle sont leurs adversaires directs. A ce petit jeu de « qui perd gagne » et fort de sa solide position de leader, Pascal Vaudé remportait tous les suffrages il y a encore quelques jours. Puis Jean-Emmanuel Alein, en tête du groupe du sud depuis que Pierre Verdu lui a laissé sa place, semblait le mieux placé en fonçant délibérément vers l'équateur à la recherche du tapis qui roule à belle allure vers l'ouest en dessous du cinquième nord.

Le matin du 21 février 2012, les compteurs sont peut-être remis à zéro avec un nouvelle évolution de la carte des courants qui donnerait moins d'avantage aux sudistes ou tout du moins, qui offrirait aux nordistes une succession de marches favorables pour descendre à leur tour vers le sud jusqu'au fameux tapis roulant. Comme le précise avec enthousiasme Benoît Souliès à la vacation du jour, la semaine qui commence va être décisive et bien malin qui pourrait dire aujourd'hui lesquels des nordistes ou des sudistes sont les mieux placés. Qui vivra verra.

Quatre skippers ce matin à la vacation
Henri-Georges Hidair : « Moi qui croyais en avoir fini avec ces douleurs et autres problèmes physiques, voilà qu'en une journée à peine, j'ai subi une sorte d'attaque cutanée avec éruption brutale de petits boutons sur les fesses qui me pourrie la vie et m'empêche de m'asseoir normalement. Alors, aujourd'hui, pas question de toucher aux avirons ou simplement de poser les fesses sur le banc de nage. C'est bien trop douloureux et de toutes les façons, je ramerai comme un canard et sans aucune efficacité. Je vais plutôt ouvrir un atelier infirmerie en me passant toutes les heures une jolie couche de crème pour la peau et, comme je suis d'un naturel confiant, je suis sûr que ça va disparaître aussi vite que c'est venu, c'est à dire en un jour. Ce petit problème de fesses ne tombe vraiment pas au meilleur moment.

D'après mon routeur, il va être en effet bientôt temps de tourner à gauche pour descendre plein pot vers le sud et, si on veut attraper les courants favorables qui courent le long de l'équateur, il ne va pas falloir s'endormir aux avirons et mon problème de boutons tombe finalement assez mal. Et puis, pas facile de reprendre des forces quand il faut manger froid. Hier, j'ai bien réussi à bricoler mon réchaud jusqu'à obtenir une flamme ridicule et à peine suffisante pour chauffer un petit bol de soupe. Mais l'exercice est dangereux car je dois pour cela neutraliser la sécurité et l'appareil se met régulièrement en mode lance-flamme ce qui n'est pas très rassurant. Je vais donc probablement continuer à manger froid. »


Benoît Soulies : « Pas grand-chose de spécial à bord de mon « Bel Ô ». Les jours se suivent et se ressemblent, sauf hier où il a fait particulièrement beau avec un chaud soleil et une luminosité propice à la recharge des batteries. Du coup, je m'endormais aux avirons et j'ai finalement troqué ma séance de rames de l'après-midi par une belle séance de couchette qui m'a fait beaucoup de bien. Si le temps se maintient au chaud, ce qui est probable avec notre descente vers le sud, il va falloir que je me trouve un nouveau rythme de vie aux avirons car je n'aime pas trop la chaleur et je ne me vois pas ramer comme un furieux au-dessus d'une certaine température. Il ne va pourtant pas falloir s'endormir pour suivre le sillage de Pascal (Vaudé) qui, lui, a déjà entamé sa descente et continue à forcer l'allure.

J'espère simplement que notre option nord commune ne va pas rater et que ceux du sud ne vont pas nous fausser subitement compagnie. Si c'est le cas, j'engueulerai simplement mon routeur (plaisanterie) mais, de toutes les façons, quand on choisit une option, on est bien obligé de la suivre jusqu'au bout. Cette nuit, j'ai repris quelques milles à Eric Lainé et ça m'a fait bien plaisir. Ça m'a donné du coeur à l'ouvrage et maintenant, je vais un peu plus forcer sur les avirons histoire d'en reprendre encore sur Eric et sur Christophe Dupuy qui, tous les deux, me semblent être à portée de fusil. Il y a donc encore du pain sur la planche. »


Christophe Dupuy : « Pour moi, ça va bien et même de mieux en mieux. Excellent classement au général ; position dans le nord qui me semble assez bonne, conditions de navigation agréables et excellente condition physique, peut-être à cause des petites pilules malines qui complètent mon alimentation et qui m'apportent les minéraux et autres nutriments indispensables qu'on ne trouve ni dans l'eau du déssal ni dans la bouffe lyophilisé. J'ai juste un peu mal à la jambe depuis que je me suis brûlé à l'eau chaude il y a quelques jours. Accident stupide mais sans conséquence grave si ce n'est que la peau est à vif à l'endroit de l'impact et que je ne sais pas trop quoi choisir dans ma pharmacie pour régler le problème. C'est vrai que ç'est pas très agréable pour ramer, voir même que ça fait assez mal mais, comme chacun le sait, la douleur « n'est qu'une question d'information ». Il faut donc faire avec.

Sinon, côté eau douce, je m'en sors plutôt bien en maintenant mes réserves à bon niveau et je ne m'inquiète plus trop de ces problèmes de déssal. Avant-hier, j'ai d'ailleurs eu le nez creux en profitant du seul petit moment de soleil de la journée pour faire tourner la machine. Car depuis cette petite embellie, plus un millimètre de ciel bleu et l'on vit actuellement avec une sorte de chape de plomb au-dessus de la tête qui paraît irréelle sous ces latitudes. Hier soir, le temps était d'ailleurs incroyablement sombre, même totalement noir au moment du coucher du soleil. J'ai bien cru qu'on allait avoir de l'orage mais j'ai rien vu ni entendu de spécial. Et cette ambiance sombre et pesante a fini par faire fuir toute forme de vie car là où je me trouve, il n'y a plus un oiseau dans le ciel, ni un poisson dans la mer et cela fait une drôle d'impression de vivre dans cet univers de silence, presque de désolation
».

Alain Pinguet : « Comment cela je suis depuis plusieurs jours à côté de Guillaume ?? Franchement, comme je l'ai déjà expliqué à la vacation, je ne m'intéresse pas trop à la course et à ceux qui m'entourent. Si nous sommes ou avons été si proches, nous aurions pu échanger à la VHF mais quand je rame, je n'entends pas la sonnerie du téléphone et il m'a peut-être appelé sans que je ne m'en rende compte. Dimanche dernier, j'ai plongé pour nettoyer ma coque et j'ai eu la bonne surprise de retrouver les dorades qui m'accompagnent fidèlement depuis près de 2 semaines.

J'ai parfaitement nettoyé ma coque mais je n'étais pas si fier à barboter dans l'eau sans rien voir autour de moi. J'ai un copain qui m'a expliqué que c'est au moment des plus fortes chaleurs qu'il faut se baigner car à ce moment de la journée les requins, qui ont chassé toute la matinée et sont donc rassasiés, descendent dans les grands fonds pour digérer à la fraîche et ne remontent pas avant le soir. C'est certainement du blabla mais il n'empêche que j'y ai pensé avant de me mettre à l'eau et ça m'a donné du courage. J'ai forcément eu envie de remonter à bord l'une de mes fidèles dorades. Mais mes deux « rapalas » ont vite été perdus faute de bas de ligne en acier et je n'ai plus aucune chance d'en attraper une pour améliorer l'ordinaire. De toutes les façons, elles sont maintenant un peu de la famille et je ne me vois donc pas essayer de mettre une flèche entre les oreilles de mes animaux familiers ».


CLASSEMENT DU JOUR : A 14h TU
1.Pascal Vaudé
2.Henri-Georges Hidair
3.Christophe Dupuy



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