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Bouvet Guyane 2012 : J + 16 : Nord ou Sud ? - Aviron / Foxoo
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Source : #6698 Publié le 15/02/12 | Vues : 285

Bouvet Guyane 2012 : J + 16 : Nord ou Sud ? / Aviron


La cartographie de la course affiche une flotte scindée en deux groupes. Un peloton de nordistes où figurent les trois premiers et un peloton de sudistes emmené par Jean-Emmanuel Alein. Entre les deux évolue Pierre Verdu. Le sympathique Guyanais, situé en quatrième position, entre Cerda et Dupuy, fait de l'ouest depuis une trentaine d'heures. Un bord tactique, une veine de courant ? En tout cas, c'est lui qui s'est le plus rapproché de Cayenne. On se bat à tous les étages de la Bouvet Guyane. Nord ou Sud. Quel est le bon choix ?







Pascal Vaudé a encore mis un coup de collier depuis le 13 février 2012. Au pointage de 11 h TU le matin du 14 février, il avait porté son avance à 38 milles sur Henri-Georges Hidair et laissait Francis Cerda, troisième, à plus de 50 milles dans son sillage. Pascal avait, ce n'est pas surprenant, effectué une belle avancée sur les dernières 24 heures avec un gain au but de 53 milles. Derrière, on a du mal à suivre le rythme : Ils ne sont plus que sept rameurs à figurer dans le premier « cercle » à moins de 100 milles du leader. Julien Besson est ce septième, après, en remontant la flotte, Jean-Emmanuel Alein, Christophe Dupuy et Pierre Verdu, le « performer » du jour avec 56 milles au compteur, classé quatrième.



Les courants selon Dominique Conin. Outre la propulsion des avirons, le vent et les courants jouent pour beaucoup ' pas loin de 50% estime Michel Horeau ' sur la progression des canots. Les courants de surface sont des grands courants alimentés par l'échange thermique à l'échelle de la planète. Il y a également les courants dits de dérive générés par le vent. La principale veine de courant de surface qui concerne la course est le courant nord équatorial qui va d'est en ouest. Il traverse l'Atlantique et rejoint une veine qui prend naissance à la corne du Brésil et se renforce dans le NW avec l'action conjuguée de l'Amazone.

C'est le courant de Nord-Guyane : un flux puissant que les rameurs solitaires doivent impérativement intégrer à leur route en fin de course car il s'oriente au nord en approche de l'arrivée. Depuis le départ de Dakar, les rameurs subissent l'influence des courants de dérive produits par les alizés de NE et celle des courants de surface peu actifs. Pour l'heure, Dominique Conin estime que les concurrents au nord de la flotte profitent plus de ces courants, mais il parie sur l'avenir. Bientôt les canots plus au sud seront les premiers à toucher le courant nord équatorial qui pousse les embarcations vers l'Ouest « comme sur un tapis roulant ». Le routeur de La Trinité-sur-Mer estime que l'effet va se faire sentir à partir du 5ème Nord. Donc pas avant quelques jours pour les « sudistes ».

Quant au Pot-au-Noir, cette zone de convergence inter tropicale traversée par des orages et des vents variables et faibles tant redoutée les « navigateurs à voile », elle resterait proche de l'Equateur et ne devrait pas perturber les rameurs solitaires. Aux deux principales zones de courant citées, il faut ajouter des phénomènes plus locaux dits - micro tourbillons ' dont les effets ne sont pas neutres pour les solitaires de la Bouvet Guyane, mais pas réellement prévisibles. « Ils apparaissent sur les modèles produits par Mercator mais sont volatiles d'un jour à l'autre », relève Conin qui y réfléchira à deux fois avant de dérouter un rameur sur une de ces micro zones soi-disant favorable. « Imagines que le temps de s'y rendre le courant se soit inversé, j'aurai l'air malin ».

Francis Cerda avait dû s'arrêter de ramer l'autre matin pour laisser passer un cargo faisant route inverse et cette nuit ce sont des pêcheurs qui l'ont sorti de sa torpeur. Une compagnie dont il faut se méfier car son canot n'est guère visible dans la houle. En dehors de rares oiseaux, du genre hirondelles de mer, et des poissons volants, le Basque n'est guère distrait. Le 13 février 2012, il a vu des bouteilles d'eau en plastiques à la surface de l'eau. Ce fut comme un mirage pour cet infortuné rameur condamné à boire de l'eau au goût douteux produit par un « désal » poussif. Malheureusement, les bouteilles étaient vides. Par dépit, il dégusta une de ses rations d'eau de survie sagement embarquées à Dakar. « C'est mon sucre d'orge à moi ce truc là ».

Ces derniers jours, il s'est coltiné deux soirées aux avirons mais estime n'avoir pas été payé de retour. Il a aussi essayé la conduite sous pilote automatique la nuit. Pas terrible non plus. « Il faudrait aller plus vite pour que le gouvernail soit plus actif ». Francis dit haut et fort qu'il fait sa route sans se soucier des autres, il jette quand même un oeil sur celle de ses camarades en tête. Et parfois se pose des questions. Suis-je au bon endroit ? Il s'est essayé aux avirons de nuit et ne déteste pas, surtout dans les conditions actuelles qui sont paisibles. Malgré des interrogations légitimes, Francis Cerda continue à maintenir la pression sur les Guyanais en tête de la flotte.

Didier Lemoine a vécu l'insoutenable. Après en avoir terminé avec sa conversation au PC samedi 11 février 2012, le vétéran de la Bouvet Guyane a vécu deux « knock down » d'affilée. En peu de temps, le canot s'est mis par deux fois sur la tranche couché par une vague. De colère, Didier s'est cloitré dans sa maison et n'a pas ramé de la journée. L'incident l'a fâché, mais ce n'est rien en comparaison de ce qui s'est passé après. Figurez-vous que l'aîné des rameurs a découvert qu'il n'y avait plus de confiture à bord, ce qui est proprement intolérable à l'heure du petit déjeuner. Il a vécu pire encore quand sa bouteille de whisky s'est cassée dans le cockpit. Non pas tant à cause de la perte du précieux liquide car elle était vide, mais pour le symbole. Des 5 bouteilles embarquées, il n'en reste plus que deux et demi (pleines) alors qu'il n'en as pas encore fini avec le premiers tiers de la traversée (Didier est lanterne rouge). Déjà forcé à l'abstinence de tabac depuis une semaine, Didier devient fébrile. On le serait à moins ! Qui a parlé de galère ?

Christophe Letendre nous a aimablement rappelé que le 14 février 2012 est le jour de la St-Valentin. L e rameur Bouvet fait partie de ceux qui n'ont pas complètement coupé le cordon avec la terre. Souvent il pense à la famille et à ses amis de Bouvet qu'il a tous les jours au téléphone satellite. Et ce matin il avait une pensée toute particulière pour son épouse. La vie n'est pas 100% pratique sur son canot car il a perdu ses seaux. Il a néanmoins réussi à couper en deux un jerrycan dans le sens de la longueur pour les corvées de tous les jours. Il mange beaucoup, même s'il préfère un lyophilisé aux poissons volants offerts par la nature, et du coup le bateau s'allège au fil du temps. « J'ai même consommé les 40 l d'eau embarqués en supplément à Dakar » ajoute Christophe le menuisier. Le matin du 14 février 2012, il n'était pas trop satisfait de sa progression : « J'ai fait trop d'ouest », route recommandée par son routeur en prévision d'une bonne veine de courant. Christophe y croit. Nous aussi pour lui.

Rémi Dupont figure en 9ème position. Ce matin il était à égalité avec Eric Lainé en distance au but. Derrière, le 10ème, Benoît Soulies, lui concède plus de trente milles. Rémi est dans le train des sudistes et s'il s'avère que c'est le bon choix, on le verra bientôt remonter sur le peloton. Son routeur est Charles Bergère, l'ancien propriétaire de son canot nommé le Brigantin. Rémi a beaucoup ramé depuis hier et s'attend à des changements. Le retour du vent ou une inflexion salutaire du courant ? Lui aussi a croisé deux cargos ces dernières 48 h, lui aussi a mal aux fesses (les coussins « ça n'arrange rien »), lui aussi ne compte pas sa peine aux avirons, lui aussi doit résoudre ses petits problèmes au quotidien, lui aussi est tout à sa Transat. On peut même dire qu'il a la tête dans le guidon.

CLASSEMENT DU JOUR :
1.Pascal Vaudé
2.Henri-Georges Hidair
3.Francis Cerda



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